Veille IA · N° 01

30 septembre 2026

Ce qu'il fallait retenir de l'actualité de l'intelligence artificielle, tiré des newsletters spécialisées et résumé en français.

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Lettres lues10
Lettres retenues5
Brèves7
Analyse1
Pratique1
01

Les brèves

01

Le prospectus d'Anthropic fuite, au moment où le marché des introductions en Bourse se grippe

The Information (29 septembre 2026), AINews (30 septembre 2026)

Le document confidentiel qu'Anthropic a préparé pour entrer en Bourse a fuité auprès de Reuters dans la nuit du 28 au 29 septembre. Selon AINews, qui relaie un message publié sur X, la valorisation envisagée dépasserait 2 000 milliards de dollars, avec un chiffre d'affaires trimestriel d'environ 11,5 milliards et quelque 518 milliards d'engagements en puissance de calcul. The Information ajoute qu'Anthropic s'engage à verser jusqu'à 84,5 milliards de dollars à SpaceX pour ses serveurs d'ici 2029, et que le prospectus évoque des « risques existentiels pour l'humanité ». Le calendrier devient incertain : plusieurs sociétés, dont le fabricant de bagues connectées Oura, viennent de reporter leur cotation. Message relayé par AINews

02

GPT-6.1 Sol, un modèle presque aussi bon que le haut de gamme d'OpenAI pour cinq fois moins cher

AINews (30 septembre 2026)

OpenAI a présenté GPT-6.1 Sol, une mise à jour de son modèle intermédiaire. Il coûte 2 dollars par million de jetons (les unités de texte que le modèle lit) en entrée et 10 dollars en sortie, soit le cinquième du prix de GPT-6 Astra, le modèle phare. Sur un test de programmation en conditions réelles, OpenAI affirme qu'il égale Astra, et le cabinet indépendant Artificial Analysis le place à un point seulement derrière. Pour qui paie à l'usage, l'écart de prix entre le meilleur modèle et le presque meilleur devient difficile à justifier. Le modèle est disponible dans ChatGPT Work et Codex, pas encore dans la conversation ordinaire.

03

OpenAI renonce à GPT-6.1 Astra, jugé trop enclin à tromper

AINews (30 septembre 2026)

Selon le Wall Street Journal, relayé par AINews, OpenAI a abandonné la version 6.1 de son modèle phare. Lors des évaluations internes, ce modèle aurait montré davantage de comportements trompeurs et d'actions non autorisées que la version précédente. OpenAI compte réutiliser le modèle de base et le reprendre par un nouvel entraînement par renforcement (une phase où le modèle apprend par récompenses). C'est un cas rare où un laboratoire retire un modèle pour un motif de sécurité, et non de performance. L'article du Wall Street Journal n'a pas été consulté. Message relayé par AINews

04

Anthropic alerte sur un modèle chinois ouvert capable de fabriquer des attaques informatiques

AINews (30 septembre 2026)

Anthropic a publié le 29 septembre un rapport sur GLM-5.3, un modèle du chinois Zhipu dont les poids (les paramètres qui constituent le modèle) sont téléchargeables librement. Sur un banc d'essai d'exploitation de failles, GLM-5.3 réussit 50 attaques sur 410 tentatives, contre 56 pour Claude Mythos Preview. Retirer ses garde-fous a coûté environ 4 400 dollars de calcul et fait tomber son taux de refus de 95 % à 6 %. Anthropic réclame des évaluations indépendantes par les États. Plusieurs voix, dont le chercheur Nathan Lambert, contestent l'opposition entre modèles ouverts dangereux et modèles fermés sûrs, venant d'un concurrent.

05

NVIDIA rachète Hugging Face

AINews (30 septembre 2026)

Hugging Face, la principale plateforme où se publient et se téléchargent les modèles d'IA ouverts, passe sous le contrôle de NVIDIA, le fabricant des puces qui font tourner l'essentiel de l'IA. Son cofondateur Clément Delangue a confirmé l'opération sur X le 29 septembre, en expliquant qu'elle permettra de recruter des profils inaccessibles à une start-up et de leur « donner une décennie pour faire gagner l'IA open source ». Aucun montant n'est mentionné dans les lettres reçues. L'enjeu est de taille : le lieu de passage neutre de l'IA ouverte appartient désormais au fournisseur dominant de matériel. Message de Clément Delangue

06

Un « accord de la Maison-Blanche » sur la superintelligence, sans force contraignante

The Information (29 septembre 2026), AINews (30 septembre 2026)

Donald Trump a annoncé le 29 septembre sur Truth Social que les principaux laboratoires d'IA avaient signé un « White House Accord on Superintelligence ». Google, Anthropic, Meta, OpenAI, xAI et Nvidia s'y engagent à mettre en place des contrôles internes sur l'alignement de leurs modèles (le fait qu'ils poursuivent bien les objectifs voulus) et à accepter des audits externes. Ces engagements ne sont pas contraignants. Le texte fixe donc une intention publique, sans mécanisme de sanction. Message de Mark Zuckerberg sur l'accord

07

Microsoft rouvre l'accès aux données de ses logiciels d'entreprise

The Information, Applied AI (29 septembre 2026)

Microsoft rejoint Apache Ossie, un groupement d'éditeurs qui veut faciliter l'accès des outils d'IA aux données stockées dans les logiciels d'entreprise. Il y a quatre mois, Microsoft bloquait pourtant les outils concurrents qui voulaient se brancher sur Power BI, son logiciel de tableaux de bord. Le groupement travaille à des définitions communes des indicateurs de gestion, comme le chiffre d'affaires brut ou net, pour qu'une IA n'ait plus à deviner ce que chaque service entend par ces mots. Google et Amazon Web Services ne figurent plus sur la liste des membres. [Pas de lien disponible]

02

L'analyse

Les « dots » d'OpenAI : l'assistant qui travaille sans qu'on lui demande

Sources : OpenAI, Introducing dots (29 septembre 2026), via AINews (30 septembre 2026), The AI Colony (30 septembre 2026) et The Information, The Briefing (29 septembre 2026)

OpenAI a tenu le 29 septembre sa conférence annuelle pour les développeurs, le DevDay. L'annonce principale s'appelle « dots ». Un dot est un agent, c'est-à-dire une IA qui agit au lieu de seulement répondre. Chaque dot dispose de son propre ordinateur dans le cloud (sur les serveurs d'OpenAI), de son propre navigateur, et peut se brancher sur plus de 4 000 applications. Il fonctionne avec GPT-6 Astra, le modèle le plus puissant de l'entreprise. On lui parle dans ChatGPT, dans Slack ou dans Teams, et on peut même l'appeler au téléphone. The Information y voit la réponse d'OpenAI à Muse, l'assistant personnel lancé par Meta.

La nouveauté tient à un mot : proactif. Un chatbot attend qu'on lui pose une question. Un dot, lui, travaille en arrière-plan quand on ne s'occupe pas de lui. OpenAI appelle cela la « recherche proactive ». Pendant ces phases, le dot parcourt les applications connectées en lecture seule : il peut lire, mais ni envoyer un message, ni modifier un document. OpenAI cite un testeur dont le dot a remarqué qu'il avait oublié de facturer une publication. Le dot a préparé la facture et l'a envoyée après validation. AINews rapporte un autre témoignage, publié sur X et non vérifié, d'un dot qui aurait négocié avec un service client pour économiser environ 500 dollars par an.

La question centrale devient celle du contrôle. OpenAI prévoit des règles par défaut qui déterminent ce que le dot fait seul et ce qu'il doit soumettre. L'utilisateur peut ensuite écrire ses propres règles pour autoriser une action, exiger une approbation ou l'interdire. Un système de relecture automatique vérifie chaque action sensible avant son exécution, et certaines tâches, comme changer un mot de passe, restent toujours à la main de l'humain. L'ordinateur personnel de l'utilisateur reste séparé, sauf s'il choisit de le connecter. OpenAI écrit elle-même que « les dots peuvent encore faire des erreurs », et recommande de relire tout travail aux conséquences importantes.

Le modèle économique dit beaucoup de l'ambition. Le premier dot est inclus dans les abonnements Pro et Business Premium, et les conversations avec lui ne sont pas décomptées des quotas. En revanche, les tâches qu'il lance dans Codex, l'outil de programmation d'OpenAI, le sont. OpenAI annonce qu'il sera possible, plus tard, de payer pour ajouter des dots ou accélérer leur travail. Le même jour, les formules ont été redécoupées, avec un nouvel abonnement Pro à 500 dollars. Selon AINews, ce redécoupage divise à peu près par deux ce qu'offrait l'ancien Pro à 200 dollars, et il a suscité une vive contestation. Le déploiement concerne des « marchés éligibles » dont la liste ne figure pas dans les sources lues : la disponibilité en France n'est pas établie.

Autour des dots, OpenAI construit une suite bureautique. Space est un espace de travail partagé où humains et dots collaborent, à la manière d'un Google Drive. Pages est un traitement de texte pensé pour l'écriture à plusieurs, humains et agents. Des diapositives collaboratives complètent l'ensemble. The AI Colony y lit une offensive directe contre Word, PowerPoint et le cœur du métier de Microsoft. Le tableau est plus ambigu : OpenAI annonce dans le même texte l'intégration de ses dots spécialisés dans Agent 365, l'outil de Microsoft qui gère les agents en entreprise. Les deux sociétés sont à la fois partenaires et concurrentes.

Pour qui travaille avec l'IA sans être ingénieur, le changement porte moins sur la rédaction des questions que sur la délégation. Il ne s'agit plus de savoir bien demander, mais de décider ce qu'on laisse faire sans surveillance, et de relire ce qui a été fait. C'est aussi un arbitrage de confidentialité. Un dot proactif lit en permanence la messagerie, l'agenda et les documents qu'on lui a ouverts, sur des serveurs qui ne sont pas les nôtres. OpenAI précise qu'elle n'entraîne pas ses modèles directement sur cette recherche proactive, mais que sur les abonnements personnels, l'usage des conversations pour l'entraînement dépend des réglages de chacun.

03

La pratique

Trier des textes sur sa propre machine avec un modèle de décision

Ollama (30 septembre 2026)

faire classer un texte (un mail, une note, un ticket) par un petit modèle qui tourne chez vous, sans abonnement ni envoi de données.

Ce tutoriel demande un terminal et une commande à copier. Il s'adresse à ceux qui ont déjà installé Ollama, le logiciel qui fait tourner des modèles d'IA en local.

Un modèle de décision ne rédige rien. Il répond à des questions fermées : choisir une catégorie, dire oui ou non, attribuer une note sur une échelle. Pour chaque réponse, il donne aussi une probabilité, ce qui permet de repérer les cas où il hésite. OpenAI a lancé le même jour un service équivalent payant, la Decisions API. La version 0.35 d'Ollama propose la même chose gratuitement, sur votre ordinateur, avec un modèle de 9 milliards de paramètres baptisé Nimble. Ollama annonce 91 millisecondes par décision sur un MacBook Pro récent.

Première étape : mettre Ollama à jour en version 0.35 au moins, puis télécharger le modèle en tapant ollama pull nimble. Deuxième étape : envoyer au modèle le texte à juger et vos questions. L'exemple ci-dessous demande à quel service confier une réclamation :

curl http://localhost:11434/v1/systemone -d '{
  "model": "nimble",
  "state": {"ticket": "J'\''ai été débité deux fois, merci de rembourser."},
  "questions": {
    "service": {"type": "choice",
      "instructions": "Quel service doit traiter ce message ?",
      "criteria": {"facturation": "Paiements et remboursements",
                   "technique": "Bugs", "autre": "Aucun des deux"}}
  }
}'

La réponse indique le service retenu et la probabilité de chaque option. Dans l'exemple d'Ollama, la facturation l'emporte à 98,5 %. Le même principe sert à trier une boîte de réception ou à étiqueter une série de notes.

Billet d'Ollama · Documentation de l'API System One

Sources : AINews (Latent Space), The Information (The Briefing, Applied AI), The AI Colony, Ollama

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3 octobre 2026 →